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dimanche 6 novembre 2016

Après Essen il faut ouvrir les boites


Comme tous les ans à la mi octobre ont eu lieu à Essen, les Internationale Spieltage (journées internationales du jeu si je ne me trompe pas).
Et, comme tous les ans, ils s'ensuit la nécessité d'ouvrir de nombreuses boites.

Voici donc un "open the box" de quelques uns des jeux que j'ai rapportés cette année.

Dimicatio oblige je commencerai par ceux au thème historique avant de passer à ceux qui correspondent plus à ma marotte personnelle.

Germania Magna

Pour être honnête, je serais complètement passé à côté de ce jeu, si Arnaud ne me l'avait pas recommandé.
J'ai donc participé à la campagne de financement et profité de la possibilité de le récupérer pendant le salon.


Le matériel de compose de :
  • 2 paquets de cartes
  • 15 cartes de provinces et 4 cartes de score grand format
  • 2 planches de pions (butin et marqueurs de score)
  • 1 épais livret de règles en anglais
  • 2 dés standard en plastique rouges (les dés en bois visibles sur la photo sont disponibles séparément).

La boite est de petite taille (à peine 10 x 20 cm) et ne contient ni insert en carton, ni thermo formé.
Ce n'est pas plus mal puisqu'il s'agit d'un jeu de cartes et que, bien souvent, une fois celles-ci protégées on n'a d'autre choix que de jeter les compartiments intérieurs.

Et puisqu'on parle de protection, les cartes sont de bonne qualité sans que ce soit exceptionnel.
Les bords étant intégralement noirs, il sera nécessaire de les protéger rapidement.
Leur format (58 x 89 mm) impose malheureusement le choix des protections "Chimera" de chez Mayday.

L'épaisseur du livret de règles peut faire peur mais les règles proprement dites tiennent sur une dizaine de pages.
Le reste du livret est occupé par un glossaire, un exemple de tour de jeu très détaillé et largement illustré, des règles optionnelles et des notes historiques.

Days of Ire

Encore un jeu qui a été lancé sur Kickstarter et que nous avons eu la chance de récupérer à Essen (sa sortie étant officiellement prévue pour janvier prochain).

J'avais été immédiatement convaincu par le jeu au lancement de la campagne, les règles étaient abouties, le jeu quasiment fini et les créateurs promettait peu de paliers susceptibles de remettre en cause le planning.

La lecture des règles à mi chemin entre Twilight Struggle et Pandémie (mais nous en reparlerons prochainement) avait confirmé cette bonne impression et j'attendais donc avec impatience de poser les mains dessus.


La boite au format Pandémie est assez lourde, ce qui n'a rien de surprenant puisqu'on y découvre :
  • 3 livrets : le premier pour le setup, les notes historiques et la description des différents événements, un autre pour les règles de jeu en mode "Zhukof" (coopératif pour 1 à 4 joueurs) et le dernier pour la règle du jeu en mode "Conflict" (1 joueur "Soviet commander" contre 1 à 3 joueurs révolutionnaires).
  • 1 épais plateau à 6 pans (personnellement je n'aime pas beaucoup ce format mais ce plateau est trop grand pour être plié en 4)
  • 2 planches de pions
  • 3 paquets de cartes (plus quelques cartes exclusives de la versions Kickstarter)
  • 2 dés et 3 gouttes de verre (à utiliser comme marqueurs de tours, de support et de moral)
Les cartes sont de très bonne qualité (Linen finish !) et les bords sont blancs.
Pour les maniaques comme moi qui souhaitent les protéger, elles mesurent 58 x 90 mm et se glissent donc exactement dans des Chimera.

La seule ombre au tableau vient des planches de pions assez difficiles à dépuncher ce qui m'a valu d’abîmer 2 ou 3 pions.

Mythos Tales

Ouf, j'ai bien failli être en manque de tentacules !

Il s'agit de la version commerciale d'Arkham Investigator, un jeu initialement publié par son auteur en print'n play et qui reprend le concept de Sherlock Holmes détective conseil en le transposant à Arkham dans les années 1930.


Le contenu de la boite (d'excellente qualité au demeurant) n'a donc rien d'exceptionnel si on a déjà joué à SHDC :
  • Une carte d'Arkham de très bonne qualité, plus grande (presque 50 x 70 cm) et bien plus lisible que celle de SHDC
  • Un livre relié contenant les huit enquêtes, ici avec une couverture dure, il s'agit de la version Kickstarter
  • L'annuaire d'Arkham
  • 8 journaux d'une page chacun imprimés 2 par 2, soit 4 feuilles
  • 1 livret de quelques pages qui contient la règle du jeu
  • Un tableau et quelques pions utilisés pour la gestion du temps
  • Un paquet de cartes d'objectifs numérotés
  • Un livret vierge pour prendre des notes
  • Un feuillet de présentation avec une série de questions énigmatiques
  • Un marque page
  • Un livret avec un scénario supplémentaire pour la version KS
L'ensemble du matériel est de très bonne facture et joliment illustré à l'exception des journaux qui sont petits, serrés et surtout imprimés sur un papier blanc brillant qui donne un rendu assez moche.

London Dread

Autre jeu que j'attendais depuis longtemps. Depuis un an en fait puisque j'avais eu l'occasion de le tester à Essen en 2015.

Et l'attente en valait la peine, jugez plutôt.


Au menu :
  • Un grand plateau (54 x 71 cm) à 6 pans qui se replie en accordéon donc bien plus facilement que celui de Days of Ire
  • 4 "pendules" de programmation pour les joueurs
  • un livret de règles et un livret pour les scénarios
  • quatre planches de pions divers
  • des dés gravés (1 dé de perte et 16 dés d'action)
  • plusieurs paquets de cartes (dont des cartes correctrices)
  • 4 socles et quelques pions en bois
Les cartes sont de bonne qualité avec une finition toilée et ne sont pas destinées à être mélangées plusieurs fois par partie.
Il n'est donc pas absolument nécessaire de les protéger. Toutefois si on veut le faire, elles sont au format Magic, on trouvera sans problème des protections.

A noter au passage que la boite contient un insert thermo formé plutôt bien fait.
Si en profondeur il accueillera sans problème des cartes protégées, il n'en va pas de même en largeur, surtout dans le fond des compartiments (mais on pourra toujours mettre les pions sous les cartes).

Les pions sont d'excellente qualité et se retirent des planches sans aucune difficulté, les pions en bois et les dés gravés de couleur ivoire n'ont rien d'exceptionnels mais s'accordent parfaitement avec la charte graphique du jeu.
Le plateau, bien que monochrome est très réussi et il attire l’œil et donne tout autant envie de jouer que la couverture de la boite (constat fait aux Utopiales cette année où j'avais apporté le jeu pour la soirée ludique).

Du très beau matériel pour un très bon jeu, difficile et addictif, mais j'en reparlerai probablement.

Voilà, je vous épargne la douzaine d'autres jeux que j'ai rapportés et qui sont déjà largement chroniqués ailleurs sur le web.

Jean-Christian

samedi 29 octobre 2016

Far East War 1592: l'autre guerre de Corée





En 1592, le régent japonais Toyotomi Hideyoshi révéla sa grande ambition de conquête de la Chine (Dynastie Ming). Sa proposition à la Corée (Dynastie Choson) de traverser son territoire fut refusée et ainsi débuta la Guerre d’Imjin.

Voici donc le contexte historique de ce tout nouveau jeu édité par Imjin Creative dont c’est le premier jeu. Issu d’une campagne Kickstarter un peu poussive, l’éditeur avait malgré tout inclut de lui-même tous les stretch goals proposés, sans que les paliers soient atteint… un fait rare ! A savoir que ce jeu a déjà eu une vie en version chinoise depuis le début de cette année.

Nous sommes face à ce que nous appelons de plus en plus souvent un warteau, un jeu de plateau guerrier et historique. Le matériel est simplement somptueux : une carte en dur claire et agréable, des pions en bois pour les unités, du carton pour les chefs et les marqueurs, les cartes de très bonne qualité (à noter que chaque camp conserve un même illustrateur. Ils sont assez différents mais créent une unité graphique dans chaque armée), des dés en bois custom superbes, des règles de jeu tout en couleur. Même les bourses en tissu sont d’une qualité bien au-dessus de l’habituel. Bref, côté matériel, il n’y a pas vol!

La lecture des règles est agréable et ne laisse apparemment pas d’interrogations ou de points litigieux. Après elles sont courtes et le jeu est simple donc elles se devaient au moins d’être de ce niveau. Le nombre d’exemples est par contre suffisamment important pour être noté.

Passons à la mise en place, très simple grâce au livret de règles qui propose un setup graphique. Voilà ce que ça donne:

Pour 2 joueurs (les barrettes jaunes et rouges ne devraient pas y être)
Pour 4 joueurs
A 4 joueurs chaque camp joue une des deux factions: Ming/Corée contre Kato/Konishi pour les Japonais. Les pions en bois d'unités sont donc recto-verso selon que vous jouiez à deux ou quatre joueurs.

En fin de setup chaque camp doit choisir 8 chefs parmi ceux disponibles et en sélectionner 2 qui commenceront la partie en jeu. Chaque chef a une capacité spéciale unique en combat, lorsque son armée attaque ou défend. 

Certains auront déjà remarqué le disque d'action en haut à gauche du plateau. Il s'agit bien du même type de système d'activation que l'on retrouve dans certains jeux à l'allemande, comme dans Antike par exemple.


Le principe: à son tour le joueur choisit soit d'avancer son marqueur d'une ou deux sections sans coût ou de trois en payant 8 Supply Points (SP). A chaque fois que le marqueur d'un joueur passe par un "Event", une carte d'évènement est révélée et appliquée. C'est d’ailleurs ce paquet de cartes d’évènements qui détermine la durée de la partie aléatoirement.

Les actions possibles sont:

- Production/Généraux: Collecter les SP de toutes les régions contrôlées (les barils sur la carte), il est ensuite possible de déployer, retirer ou échanger des généraux.
- Recruter/Regrouper: le joueur peut acheter des unités avec ses SP. Les armées ne peuvent pas contenir plus de 4 unités et pas plus de 2 armées ne peuvent se trouver dans une même région. Il peut alors réorganiser ses unités entre ses armées partout où il a acheté au moins une unité.
- Mouvement/Combat: Les mouvements sont simples et coûtent là encore des SP. Suivent les combats, eux aussi forts simples:
 

Dans cet exemple: le joueur Ming/Coréen attaque le joueur japonais au Wes Gangwon-Do et place pour le matérialiser une barrette rouge. Les deux barrettes jaunes indiquent le support apportés par les deux unités adjacentes (qui ne pourront faire que cela ce tour). Ces barrettes sont très pratiques pour savoir qui a fait quoi et où. L'attaquant bénéficient d'autant de dés que son armée en attaque (ici 2 dés) plus 1 dé par armée en support (ici un total de 4 dés). Le défenseur reçoit autant de dés que d'unités (soit ici 2 dés). Le joueur doit également payer 1 SP pour chaque unité qui attaque: rien n'est gratuit!

Chaque joueur lance simultanément les dés pouvant infliger des pertes, blesser un chef présent dans la bataille, voler des SP de l'adversaire ou tout simplement... rien. 

A chaque perte sur un chef celui-ci se décale d'une blessure sur ce display. Lorsqu'il a reçu autant de pertes que sa résistance: adieu!
A noter que les combats peuvent être terrestres ou navals avec des règles très légèrement différentes.

Et pour finir les conditions de victoire: vous verrez sur la carte des zones aux écritures rouges, ce sont celles que doit contrôler l'ennemi pour gagner immédiatement la partie (3 régions terrestres pour le Japonais, 2 régions navales pour le Coréen). Si la partie dure jusqu'à la fin, le joueur contrôlant le plus de régions a gagné. Simple.

Voilà donc, vous connaissez maintenant les grandes lignes de ce magnifique jeu aux règles simples et au thème très exotique, pour nous européens. Reste à voir si le jeu tient ses promesses lors d'une première partie.

Arnaud

jeudi 20 octobre 2016

Martin Wallace dans les étoiles


Et voilà, Essen 2016, c'est fini! Alors que j'ai le plus grand mal à trouver le temps de jouer dans le tourbillon du train-train de la vie quotidienne, j'ai pu, ou plutôt su, m'aménager le temps et les conditions nécessaires à ce troisième voyage à ce grand Messe d'Essen.


Il parait que les 6 voyageurs de notre Essenmobile ont été raisonnables côté achats cette année. Quand on voit le coffre de la bête et son intérieur au retour, on peut quand même en douter!

Mais qu’importe finalement puisque le premier but de cette grande virée annuelle reste à mon sens la recherche d'une immersion ludique total et de l'arrêt momentané de ce fameux train-train.

En ce sens Essen remplit toujours son attente.

Au-delà des jeux découverts sur le salon (et encore nombre d'entre eux avaient déjà été passés à la loupe: de leurs règles, photos de matériel ou autres commentaires suite à la GenCon), il s'est vraiment agit cette année d'aller récupérer les fameux "Essen pickups" des Kickstarters passés. Finalement la part du lion cette année pour moi. Pas sûr pour autant que cela se renouvelle tant cela ne me laisse pas forcément une bonne impression (mais laissons-là la relation de ma vie ludique et le crowdfunding).



Voici donc étalées, les boites des quelques 21 jeux et extensions ramenés du salon. Certains seront, plus ou moins bientôt, détaillés ici. Je commencerai avec Far East War 1592 qui me plait par bien des aspects et principalement, peut-être, car il s'agit de l'un des très rares jeux historiques du salon.

Voilà pour cette longue introduction m'amenant au sujet qui m'intéresse finalement ici: le prochain jeu de M. Martin Wallace. Oui un nouveau jeu de Wallace est toujours un évènement. Quoique beaucoup moins depuis qu'il se fait publier par des éditeurs ubber-mainstream comme les Space Cowboys (ce qui n'est pas forcément un mal, j'apprécie beaucoup Hit Z Road. Beaucoup moins Via Nebula!). 
Du coup cela reste un évènement lorsque l'auteur himself et en personne nous explique ce qui doit être l'ultime production de sa maison d'édition (Treefrog Games), à savoir A Handful of Stars.

Bon alors déjà: quelle couv'! Mon petit cœur de fan de SF est tout ému. C'est beau et on ne peut plus qu'aller voir plus loin!

AHoS est un jeu de conquêtes spatiales à base de deck building. Comme Mythotopia l'est (ou a essayé de l'être) pour le medfan.

Le setup est très dynamique, tout un tas de planètes (jamais à la même place donc) génèrent des trous noirs (impassables) entre certaines d'entre elles (jamais au même endroit non plus du coup). Il y a deux types de planètes: inhabitables où l'on ne peut guère plus qu'y construire des avant-postes, et habitables que l'on peut donc coloniser et où l'on peut construire de nouvelles flottes de vaisseaux (pratiques pour taper le voisin avant qu'il n'en fasse autant). Le système de combat reprend celui de A Few Acres of Snow sauf qu'une bataille se résout immédiatement au lieu de durer de tour en tour.

L'exemplaire de démo en prototype
Le véritable intérêt réside plutôt dans le système de deck building. Chaque joueur commence avec le même set de cartes de base ainsi que certaines déterminées par la race jouée, tirée au hasard avant de commencer. Chaque race est très différente et leurs cartes typent bien le style de jeu.

A handful of cards
Il y a 4 ressources différentes dans le jeu permettant (seules ou combinées) de réaliser les diverses actions du jeu: coloniser, créer des avant-postes, construire des vaisseaux, acheter des technologies (des cartes, les seules disponibles pour faire évoluer le deck de départ, en dehors des cartes des lieux contrôlés), déplacer des vaisseaux (et donc combattre) et renforcer les combats (j'en oublie peut-être mais ça ne me revient pas).



Un plateau de joueur
Plateau de joueur très important puisqu'il montre à gauche de la pioche une réserve qui peut contenir basiquement 2 cartes de n'importe quel type qui se comportent comme si elles étaient en main, sans compter dans le limite de main, et à droite une deuxième réserve destinée à des cartes ne pouvant fonctionner qu'en y étant placées. Une mécanique très maline qui demande de l'anticipation et du doigtée! 
Le jeu utilise également des marqueurs de capacités spéciales que l'on pioche à chaque fois qu'une race colonise une planète. On peut donc même encore faire des actions sans avoir de cartes en main!

Les cartes, presque définitives, que je trouve très réussies (qui a dit, pour un jeu Treefrog??)
J'ai beaucoup aimé l'idée de la durée de partie: à chaque fois qu'un joueur à terminer son deck et doit le rebrasser, on avance le marqueur sur la piste que l'on voit juste au-dessus. Selon le nombre de joueurs, la partie se termine à un moment déterminé. Plus on a de cartes, moins on brasse, plus la partie dure! Malin.

Les impressions? Tester un multijoueurs de Wallace le dernier jour du salon à 10h00 du matin me paraissait à priori carrément une douleur. Il n'en fut rien. Je pense qu'à la fois les qualités d'explication de M Wallace et la qualité du jeu nous ont tous bien réveillés! Notre démo a duré une heure pendant laquelle nous avons dû pouvoir faire chacun 5 ou 6 tours de jeu après les explications (enfin quand le gars Martin ne joue pas à votre place!). Mon sentiment est clair: bien que se contentant de faire du Wallace, je pense qu'il pourrait enfin s'agir du vrai multijoueur deck-building qui va fonctionner et plaire! Je n'avais pas du tout aimé Mythotopia, brouillon, inutilement brain-burner, aux conditions de victoire moisies. On retrouve ici les mêmes intentions mais là je sens que ça fonctionne et ça fait du bien! Car quand on aime cette mécanique découverte avec A Few Acres of Snow (un vrai jeu de plateau avec du deck-building dedans!) je pense qu'on ne peut qu'aimer ce A Handful of Stars!

Personnellement je suis donc d'ores et déjà à l’affut de l'annonce du début de la précommande du jeu, prévue pour novembre.

Arnaud

PS: n'oubliez pas que vous pouvez suivre Dimicatio sur Facebook: https://www.facebook.com/dimicatio/

PPS: pour le plaisir:

La petite bande devant le maitre!

mardi 3 novembre 2015

Du wargame au salon d'Essen 2015


Voilà déjà presque un mois que le salon international du jeu d'Essen en Allemagne s'est terminé, et comme je commence à refaire surface après une période, disons un peu compliquée, je tenais à faire un petit bilan de la représentation du jeu d'histoire en ce beau salon. Parce que oui, il y du jeu d'histoire à Essen, mais lequel?

Commençons par le seul que j'ai acheté: Race to Berlin des Polonais de Gry Leonardo. Pour avoir eu le temps de lire les règles (seulement), il s'agit d'un jeu de plateau où s’affrontent deux joueurs contrôlant l'un les Russes l'autre les Alliés de l'ouest et les deux les allemands empêchant l'armée adverse d'avancer vers Berlin. Ça a l'air très sympathique et calculatoire, à jouer absolument. On regrettera une boite disproportionnée par rapport au matériel ce qui devient une norme pour beaucoup d'éditeurs. Un vrai problème pour les étagères. A noter que, renseignement pris, Gry Leonardo travaille à une 2nde édition de leur Hannibal Barcas, introuvable depuis bien longtemps.

Nous avons pu retrouver les Français de Devil Pig Game et leur désormais incontournable Heroes of Normandie dans des versions "jumbo", la règle pour jeu de figurines Seconde Guerre Mondiale avec hexagones We Were Brothers des Italiens de WBS Games, les autres Italiens de VentoNuovo Games venus présenter Waterloo 200, le célèbre Osprey Publishing maintenant éditeur de jeux venus avec des sous-marins, They Come Unseen, et un jeu beaucoup plus plateau, The King Is Dead. A noter que la table de démonstration de They Come Unseen n'a pas désemplie du salon, preuve d'un intérêt constant du public. Le stand des Allemands d'UGG proposait surtout une belle boutique, ainsi que les habituels déstockeurs et une boutique pure et dure proposant des prix plutôt raisonnables, Brave New World.

Le destockeur phare en wargames (en photos ci-après) ne propose pour ainsi dire que des jeux à des prix plutôt prohibitifs mais au choix alléchant.







Par contre, il y a la choix!
Côté jeux neufs on remarque, outre UGG, deux stands dignes d'intérêt, Brave New World (première apparition cette année) avec un catalogue pas énorme mais aux prix beaucoup plus abordables et distributeurs des jeux Victory Point Games sur le salon, et une grosse boutique mais qui là propose des prix qui piquent au-delà de toute raison (comme ça de mémoire, A Victory Lost à 70€ ou Empire of the Sun à 90€!).














En fait ce qui m'interpelle après ma deuxième venue au salon, c'est que l'offre belliludique semble s'étoffer et surtout, on remarque que de très nombreux joueurs sont des wargamers, forcément un peu refoulés vu la teneur du salon, mais qu'il y a un très grand intérêt pour le jeu d'histoire à Essen. Je m’interroge donc vraiment sur la sous représentativité de notre hobby.

Certes le mètre linéaire pour un stand fait mal mais en se fédérant, je suis certain que les éditeurs européens de wargames auraient tout à gagner à y être présents. A l'image des éditeurs tchèques, tous rassemblés sous une même bannière et bénéficiant du coup d'un très gros stand très visible, je me prends à rêver que les éditeurs, français notamment, soient un jour présent à Essen pour montrer à la foule (demandeuse et curieuse de tout là-bas) que le jeu d'histoire existe et qu'il est très bien représenté par chez nous. Je reste tout à fait persuadé que l'intérêt du public serait au rendez-vous. Rendez-vous en 2016?

Arnaud



mardi 21 octobre 2014

Mes nouveautés d'Essen


Alors quels jeux étaient dans mes cartons au retour d'Essen? Pour rester dans le cadre du salon, je vais faire un petit tour d'horizon (à peu près) par ordre chronologique d’achats.

Commençons donc le jeudi avec la quête principale en venant ici à Essen: se procurer Mythotopia et Onward to Venus de Martin Wallace. Après la découverte de A Study in Emerald que l'on m'avait ramené du salon l'année dernière et dix parties depuis, je ne voulais pas manquer les jeux de M.W. de cette année. D'ailleurs beaucoup ont eu la même démarche vu le nombre d'acheteurs dès le jeudi à l’ouverture! Le premier jeu se veut un A Few Acres Of Snow jouable à 4 installé dans un écrin med-fan. A la lecture des règles on y retrouve également quelques éléments de jeu à la ASIE. Le second est un jeu de conquête planétaire dont il me faut lire les règles. Les deux devraient être sur la table dès vendredi avec un retour possible ici-même. A savoir que sur 3 joueurs ayant acquis les deux jeux en version limitée, nous les avons tous dès le lendemain troqués contre la version standard afin d'éviter de jouer avec d'affreux meeples quand on peut avoir de très beaux pions (surtout pour OtV).

Saint Malo. Toujours marrant d'acheter un jeu allemand portant le nom d'une ville toute proche de chez soi. Concernant le jeu il a été acheté chez un destockeur à un prix dérisoire. Il m'a été conseillé par l'un de mes collègues de voyage. Les règles lues je ne suis pas bien sûr qu'il fera un tabac chez moi, c'est du placement d'ouvriers bien basiques avec des dés. Bon, on jouera quand même mais clairement l'achat le moins palpitant du salon.

Un jeudi qui aura donc permis de découvrir le salon (et de s'y perdre!) et pas de jeux joués ni réellement découverts. Un temps de découverte des stands qui fait aussi mal aux pieds qu'aux yeux (voire aux oreilles)! Vient le vendredi:
 
Petit coup de cœur pour ce jeu de cartes ambiance Magic mais dans un format simplifié et nerveux. L'originalité du jeu réside principalement dans le fait que l'adversaire peut recouvrir les cartes d'un autre joueur afin que ce dernier ne puisse pas activer ses sorts. Ça reste assez simple et basique mais je me suis bien amusé. Un jeu de cartes qui pourra plaire au plus grand nombre.

On tient là une bonne surprise dégotée au hasard d'un stand. Qui connait ce Boże Igrzysko? Et bien les fans de Martin Wallace (encore lui!) se doivent de savoir qu'il s'agit de la seconde édition de son God's Playground sorti en 2009 qui est aujourd’hui introuvable à un prix raisonnable. Il se fait que même cette version est quasi introuvable d'où la bonne nouvelle que de le trouver à un prix normal. Reste que le jeu est entièrement en polonais, il va donc falloir faire quelques efforts pour traduire quelques éléments du plateau. Petit plus de cette version: la possibilité de jouer à 4 joueurs.

 J'avais hésité en voyant jouer deux amis la veille à l’hôtel mais bien convaincu lors de ma première partie au stand de l'éditeur. Il s'agit donc d'un deck-building sur fond de batailles spatiales. A la différence de beaucoup de jeux de cartes sur ce format, celui-ci est très nerveux et rapide, on ne passe pas une heure à se faire une main de cartes avec des combos hallucinantes; on est là pour détruire l'adversaire, et vite! Et surtout pour moi son plus gros atout est qu'il évite un autre écueil de beaucoup de deck-buildings: on ne passe pas 5 minutes pour faire son tour dans son coin, sans autre interaction. Celui-ci se joue vite et en envoie plein la figure de l'adversaire! Côté marketing on a le droit à un gouffre financier pour ce que c'est si on prend toutes les extensions. Le starter permettant de jouer à deux n'est lui qu'à 12€, du coup un must-have!

Wir sind das volk! Nous sommes le peuple! Voilà donc un jeu qui veut recréer l'histoire des deux Allemagnes, de la fin de la WWII à la chute du mur de Berlin. Pas très engageant avec sa tonalité totalement grise, je ne pouvais malgré tout que me le procurer des mains mêmes de son auteur, que j'adore: Richard Sivél, créateur de talent déjà responsable de la création de Friedrech et Maria, que je trouve excellents.
On retrouve à priori des mécanismes communs (les pistes politiques de Maria) mais je n'en sais pas beaucoup plus puisque je n'ai pas encore eu le temps de lire les règles, qui semblent à première vue assez touffues malgré le petit format du jeu.

Et encore un Wallace!!! Ce coup-ci c'est le dernier! Tout comme Boże Igrzysko il s'agit d'une bonne surprise que de trouver ce jeu sur le stand d'un déstockeur (qui proposait d'ailleurs le Spartacus de Compass Games pour 10€!). De nombreux commentaires élogieux sur différents forums lus depuis des années m'ont permis de ne pas hésiter à l'acheter (et j'ai été bien aidé par l'ami Olivier aussi!). Ce ne sera pas le premier des Wallace de cette grosse fournée que je jouerai mais il devrait se trouver sur la table bientôt quand même.

Voilà pour le vendredi, passons aux achats du samedi. A ce stade du salon je n'avais plus grand chose en ligne de mire et je n'attendais plus que des bonnes découvertes si elles se présentaient. Et ce fut le cas!

Petit jeu de cartes qui faisait quand même parti de mes jeux à suivre, j'ai été rassuré en l'essayant sur le stand. Un jeu de combos d'effets qui casse un peu la tête malgré des règles ultra-simples. Côté matériel les cartes sont au format maximal (bien plus grandes que des cartes de tarot) et les illustrations vraiment magnifiques. Peut-être pas le jeu du salon malgré à la finale un bon placement dans le classement BGG.
A rejouer pour voir si on peut gagner en fluidité, la première partie fut un peu compliquée à appréhender.

Voilà donc une des excellentes surprises du salon après notre test en stand. Ce Armymals est un jeu de combats de tanks pilotés par des animaux (!) sur un ton comique. Les règles sont très simples et fluides et le matériel sublime avec ses tanks et ses éléments de décor en résine d'excellente facture. Les règles proposent plusieurs formats de jeu, du combat pur au "capture the flag" (un feeling très jeu vidéo). Jouable de 2 à 8 joueurs (avec deux boîtes à partir de 5), il devrait donner de bons moments d'empoignades et de fun. 



Samurai Spirit d'Antoine Bauza. Lui non plus n'était pas sur ma liste de jeux à suivre en arrivant au salon. Après plusieurs passages sur le stand de Funforge en espérant le tester nous avons enfin pu nous mettre à table. Premier élément qui saute aux yeux: le matériel et des illustrations de toute beauté. Niveau gameplay il s'agit d'un jeu coopératif à base de cartes sur le thème des 7 samouraïs avec une petite dose de fantastique. A voir si sur la longueur le jeu tient ses promesses (j'ai un léger doute sur l'intérêt des choix à faire) mais comme ça sur le salon ça m'a paru très bon. Il confirmera ou pas en y jouant. Les règles ont parues un peu touffues pour ce type de jeu, on verra aussi jusqu'où il est familial.

Même format de boîte et à priori même principe que le fameux Complots édité également par Ferti. On retrouve l'univers de Roméo et Juliette avec un jeu de cartes à activation de pouvoirs et de paris sur les résultats de placements des personnages en fin de partie. J'ai beaucoup aimé notre partie. C'est léger et malin, en plus d'être tout à fait graphiquement réussi. Et bien entendu ça n'a rien du tout à voir avec Complots!


On arrive donc au dimanche, matinée dédiée aux derniers achats et dernière course aux soldeurs avant le départ sur les coups de midi.

Pour ma part un seul et dernier achat, de toute manière prévue avant même le salon. Alors oui l'auteur fait partie de la bande et oui on a pu tester ce jeu lors de nos soirées à la maison. Il n'empêche que ce jeu correspond à un certain type de jeux que j'aime beaucoup: les jeux funs et rapides, à base de coups tordus et de bonne humeur (pas sans rappeler Complots dans le format d'ailleurs). Il s'agit ici d'un jeu de cartes par équipe ou la rapidité est de mise (sans tomber dans l'hystérie la plus totale... là j'adhère moins). Un très bon jeu qui m'a toujours fait marrer. Du coup: bon jeu + jeu d'un ami = achat obligatoire. Preuve que je n'ai pas sombré dans l'"achat-copain" de base, je n'ai pas acheté l'autre jeu du sieur Henri (Sushi Dice) qui correspond moins à mes goûts et puis de toute manière celui-ci à eu son succès de son côté!

Voilà donc les boites qui ont squatté mes cartons au retour, et maintenant mes étagères... On verra combien y resteront durablement.


A noter également quelques jeux qui auraient pu être ajoutés à la liste si j'avais été faible (enfin... plus faible encore!): Ancient Terrible Things, jeu de dés très réussi au thème sympa, The Battle at Kemble's Cascade, du shoot’em up old school retranscrit en jeu de plateau, les Pandémie Le Remède et Contagion mais je n’ai pas eu le temps de les tester, Essen : The Game, pas une perle ludique en termes de mécanismes mais ce jeu arrive parfaitement à décrire la folie qu’est Essen… du coup le jeu est un grand morceau de fun, Spoils, du Magic rebooté, joli et pas cher de base mais peu de chance d’y jouer, Hexemonia, du jeu de gestion de cité-états grecques, ça aurait pu le faire mais chacun joue dans son coin donc refroidi, Fleet Commander, jeu de plateau de combats spatiaux avec figurines, Dice Brewing, du dice-building sur le thème du brassage de bière (!), The Convicted, jeu de siège et de gestion de ville dans un univers med-fan… et j’en oublie sûrement (oui la note aurait pu être plus salée !).

Arnaud