dimanche 11 décembre 2016

Days of Ire: Budapest 1956 - histoire d'une insurrection


« Nous le jurons, nous le jurons, que nous ne serons esclaves plus longtemps ! » 
Nemzeti dal (Chant national) - Sándor Petőfi 1848


Ce jeu qui est, pour moi, une des très bonnes surprises de cette année sera disponible en boutiques début 2017, probablement vers la fin janvier.

Il est donc grand temps de vous en parler d'autant que, cette semaine, j'ai enfin pu en faire une partie complète en mode compétitif.

Un peu d'histoire

L'après guerre

La prise de pouvoir progressive de l'URSS sur les autres pays du bloc de l'Est aboutit, en Hongrie, le 20 août 1949 avec la création de la République Populaire.

Déstalinisation

Imre Nagy (phot. Erich Lessing)

Avec la mort de Staline (5 mars 1953) et l'arrivée au pouvoir de Khrouchtchev s'engage un long processus de sortie du totalitarisme dont le premier effet, en Hongrie, est l'arrivée d'Imre Nagy comme premier ministre.
L'homme est un modéré, presque un dissident, il démarre une ambitieuse politique de réformes.

Manquant de soutien au sein du parti des travailleurs, malgré sa popularité, il est destitué en avril 1955 et la plupart de ses réformes sont annulées.

En février 1956 lors du congré du PC, Nikita Khrouchtchev présente son Rapport sur le culte de la personnalité.
Malgré son caractère confidentiel (présentation à huis clos devant les délégués soviétiques uniquement) ce rapport va fuiter et avoir un effet sur les pays satellites.

Ainsi, dès le mois de juin à Poznan (Pologne) les revendications ouvrières et les violentes émeutes qui s'ensuivent se concluent par le retour au pouvoir d'un dirigeant réformiste.

Insurrection

Time du 7 janv. 1957
Inspirées par l'exemple polonais, les organisations d'étudiants et d'intellectuels hongrois organisent une manifestation de soutien à Imre Nagy le 23 octobre 1956.

Ce sont des milliers de personnes qui marchent vers le parlement tandis que d'autres se réunissent au pied de la statue du général Josef Bem (au nom de l’amitié avec la Pologne) et qu'une délégation étudiante pénètre dans la radio nationale pour y diffuser ses revendications.

Cette dernière est arrêté. La foule réclame alors sa libération ce à quoi les forces de la police secrète répondent en ouvrant le feu.

La nouvelle va se répandre rapidement déclenchant le début des émeutes dans toute la ville et de la révolte dans tout le pays.

Combattante du passage Corvin

Le lendemain, la population brave le couvre feu afin de mettre en place des barricades et installer des garnisons à des points stratégiques, notamment au passage Corvin.
Ceci pour faire face à l'arrivée des chars soviétiques qui ont reçu l'ordre de pénétrer dans Budapest pendant la nuit.

Le gouvernement fini par tomber et Imre Nagy, désigné premier ministre le 28 octobre, forme un gouvernement pluripartite, obtient un cessez-le-feu et le retrait des troupes soviétiques et se lance dans un processus de démocratisation de la Hongrie.

Il n'a malheureusement pas le soutien des soviétiques. Pire, János Kádár (son ennemi politique) s'entend avec ces derniers pour fomenter un coup d'état.
L'armée sovétique entre donc en Hongrie à partir du 1er novembre et dans Budapest le 4.
Le mouvement populaire sera noyé dans le sang.

Conséquences

Pour les hongrois, la conséquence directe sera une terrible répression.
Plusieurs milliers d'entre eux seront arrêtés et jugés. Une grande majorité sera condamnée et 13 000 emprisonnés. Il y aura également plusieurs centaines d'exécutions ainsi que quelques centaines de déportations en Union Soviétique.
200 000 quitteront également le pays.

János Kádár prendra la tête du nouveau Parti socialiste ouvrier hongrois et la conservera jusqu'en 1988.
Tombe d'Imre Nagy
Il est à noter que, s'il a été l'instrument de l'Union Soviétique et bien qu'il ne remettra pas en cause la dictature du parti unique, il s'emploiera tout de même à libéraliser, dans une certaine mesure, le régime hongrois.

D'abord réfugié dans l'ambassade de Yougoslavie, Imre Nagy sera arrêté quelques semaines plus tard puis déporté en Roumanie.

Exécuté en 1958 à l'issu d'un « simulacre de procès » et enterré sous un faux nom, il sera finalement réhabilité par le parti en 1989 puis réinhumé et aura droit à des obsèques nationales.

Au niveau international, le principal effet de cette insurrection sera la prise de conscience des méfaits des régimes communistes, provoquant notamment des clivages dans les partis communistes d'Europe de l'Ouest.

Sources

Je n'ai surtout pas la prétention d'être historien et j'ai d'abord cherché à donner un maximum d'éléments permettant d'associer l'histoire et le matériel du jeu (que je compte décrire dans le prochain article).

Un peu de lecture sur le net m'a beaucoup aidé et voici quelques liens que vous pouvez consulter :
Quoi qu'il en soit, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques.

1 commentaire:

Berger Steve a dit…

Bonjour
Merci pour cette présentation. Je me réjouis de lire les futures critiques du jeu.