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vendredi 10 février 2017

L'homme qui mit fin à l'Histoire


Voici bien un texte intéressant pour qui s'intéresse à l'Histoire ou qui aime tout simplement s'interroger. On pourrait s'attendre à un texte de science-fiction brut, qu'il est quelque part, le postulat de base étant que l'homme peut dorénavant retourner dans le passé, "vivre" des évènements passés, au prix de l'effacement définitif de cette "réalité passée". L'homme ne pourra donc voir le passé à un moment et endroit donné qu'une seule et unique fois. De là découle non pas une histoire en tant que telle, d'ailleurs le texte prend la forme d'un documentaire "visuel" relaté, mais plutôt d'une réelle prise de conscience et de là d'une remise en cause de notre conception propre et personnelle de ce qu'est, et de ce que nous devons faire, de l'Histoire.
L'auteur, sino-américain, choisit donc d'ancrer sa réflexion autour des atrocités commises par l'Unité 731 japonaise en Chine pendant la Seconde Guerre Mondiale. De là toute une réflexion est amenée par touches sur notre rapport à l'Histoire, en tant qu'individu, mais aussi en tant qu'entité à la fois de notre culture et de notre nation.
Ce texte court, une centaine de pages, n'est donc pas une lecture récréative ni même foncièrement agréable. Elle vient déranger notre rapport habituel avec un concept sur lequel nous nous interrogeons certainement trop peu, bien que ce type d'interrogations fasse partie de notre quotidien (ouverture de lieux de commémorations, excuses de nations sur leurs passés, etc.). 
Sans même évoquer les interrogations que soulèvent ce texte, j'invite tout ceux qui interagissent avec le passé (et n'est-ce pas ce que nous faisons régulièrement dans le jeu d'histoire?) à cette lecture. Il est bon de trouver des textes qui nous permettent de rester éveiller, de nous questionner.

Arnaud

https://www.belial.fr/ken-liu/l-homme-qui-mit-fin-a-l-histoire

dimanche 12 juillet 2015

Napoléon et moi


Napoléon et moi... Et bien ça n'a jamais vraiment accroché. Je ne sais pas pourquoi, mais la période n'arrive pas à ma captiver, ni l'art de la guerre de l'époque, pourtant riches tous les deux. La donne pourrait-elle changer, en cette année du bicentenaire de Waterloo?

Déjà une superbe découverte a permis de me pencher sur la chose, par la petite porte ludique (entendons par là pas par un wargame): le jeu W1815 des Finlandais d'U&P Game. Difficile d'évoquer tout le bien que je pense de ce titre: un format transportable à souhait, une mise en place de quelques secondes, environ 3 minutes d'explication de règles, des parties très courtes mais qui en appellent à chaque fois d'autres et un rapport ludicité/historicité exemplaire. Pas que les résultats soient particulièrement historiques mais surtout nous avons là un système qui parle tout autant qu'un petit livre sur cette bataille.
Comment faire un jeu de dés avec un fort potentiel didactique historique? Et bien je pense qu'il y a là une recette vraiment aboutie!

Petite partie en cours...
Après cet apéro, on peut avoir envie d'aller un peu plus loin. Là intervient la convention BreizhKrieg II de ce début de mois et une partie de Fallen Eagles d'Hexasim par deux comparses:


Déjà ce qui interpelle c'est la qualité du matériel: une carte aux hexagones surdimensionnés par rapport aux pions (très bon pour mes gros doigts ça!), des graphismes très immersifs et des pions réussis. Les deux joueurs ont eu l'air convaincus par leur petit scénario d'initiation et pour ma part je découvre en ce moment les règles téléchargées sur le site de l'éditeur. Il est clair que voilà un jeu que je veux essayer (au moins!).

En plus de ces jeux, au détour d'une conversation le samedi de la BZK autour d'Alessandro Barbero, j'évoquais ne pas avoir lu son ouvrage sur Waterloo, puisque pas plus intéressé que ça par le sujet, bien qu'ayant adoré celui sur Andrinople, Le jour des Barbares. Voilà que le lendemain l'ami Rodolphe me remet son exemplaire. J'en suis depuis à une centaine de pages et avouons-le, c'est passionnant!

Alors 2015, l'année de la révélation napoléonienne? L'avenir dira si l'intérêt prendra et perdurera, mais j'avoue profiter pleinement de cet anniversaire pour m'y plonger doucement. Étrange finalement qu'il ait fallu attendre LA défaite de Napoléon pour s'y intéresser!

Arnaud

samedi 3 janvier 2015

Carthago delenda est


Petite lecture de mes vacances de Noël: Rome Total War - Détruire Carthage, qui squattait ma bibliothèque depuis un moment sans que je l'ouvre. Il est quand même bien rare de lire (en tout cas pour ma part) un roman estampillé SEGA! Il s'agit donc bien d'un livre exploitant la franchise du jeu vidéo à succès. Ce qui peut faire très peur. Ce qui par contre est plus rassurant c'est d'apprendre que l'auteur, David Gibbins, est quand même plutôt calé sur son sujet, ayant participé dans le cadre de ses études à des recherches sur le site même de Carthage.

Dans les gros atouts du livre on peut y voir une description de Rome et de son organisation sociale collant bien à l'idée que l'on s'en fait d'un point de vue historique et non à la sauce Hollywood ou à la série "Rome" (que j'adore, mais pas pour son historicité!). On sent que l'auteur maitrise bien son sujet et bien qu'il brode forcément sur son personnage, tout est plausible (allé on reprochera quand même une représentation de Hasdrubal et de sa "garde rapprochée" un peu trop colorée...). On suit donc "Scipion l'Africain", le deuxième, celui qui détruisit Carthage, petit-fils adoptif de l'autre Scipion l'Africain, vainqueur d'Hannibal à Zama, depuis sa formation militaire à Rome à, donc, la destruction de la capitale punique et hormis un chapitre (le 19) sur l'interprétation d'un rêve, on ne s'y ennuie pas.

Le gros défaut pour moi (mais je pense que ça doit décevoir pas mal de lecteurs) c'est que le roman n'insuffle aucun souffle épique. Les batailles sont tout en ellipse (Pydna est suggérée, la prise de Carthage est expédiée). Il n'y a bien que la scène de chasse à l'homme dans la forêt macédonienne qui arrive un peu à faire vibrer la fibre guerrière (et encore, plutôt en mode "assassin"). Il ne faut donc pas s'attendre à un grand livre épique et guerrier. On est plus centré sur un personnage central intéressant bien qu'un poil archétypal et une description minutieuse des enjeux d'une guerre à finir entre les deux puissances méditerranéenne de ce IIe sècle av. JC.

Arnaud

lundi 17 mars 2014

Histoire & Civilisations: à suivre



"Faire revivre le passé et aider à la compréhension du monde, voilà l'immense ambition de cette remarquable collection". Ambitieux? Ça c'est certain. Prétentieux? Et bien à la lecture de la première partie du volume 7 sur la Grèce classique, je dirai pas du tout. 

Le Monde édite donc cette encyclopédie de National Geographic dans la langue de Molière. Prévue en 30 volumes, les 8 premiers sont déjà parus. N'ayant pas pris le temps de trainer mes baskets en point presse depuis un bon moment, je n'ai découvert cette collection qu'avec ce n°7. Déjà ce qui interpelle (forcément) c'est de voir parmi les revues et magazines un beau volume, relié et bien épais (150 pages) pour la très modique somme de 9,99€! 

Évidemment en voyant ça je me dis que le contenu va être bien léger: on ne va tout de même pas cumuler bel objet, prix modique et contenu de qualité! Concernant l'objet c'est du bel ouvrage, papier glacé épais, photos dignes de la réputation de National Geographic, mise en page sobre et claire. Concernant le contenu je ne peux juger que sur cette première partie terminée et présentant la montée du sentiment démocratique en Grèce (et bien sûr tout particulièrement à Athènes) et ses institutions. Et bien on peut dire que le texte est à la hauteur de l'écrin! L'analyse est pertinente, le texte agréable à lire, bref on apprend sans s'ennuyer. Bien qu'à visée plutôt généraliste, la profondeur du texte devrait intéresser un très large public. 

Je viens de me procurer le n°8 sur le déclin d'Athènes que je viens juste de compulser rapidement et je pense vraiment que la qualité reste au rendez-vous. Avec un prochain numéro qui va obligatoirement finir sur mes étagères (l'empire d'Alexandre... on ne se refait pas!), je pense continuer la collection un moment. Je conseille donc vivement, et vu le prix, le risque est faible.

Arnaud

lundi 9 décembre 2013

Hastings, 14 octobre 1066



Trois ans déjà que ce livre occupe ma bibliothèque sans que je me décide à le lire (la faute peut-être à ma lecture avortée d'un autre titre de cette collection, Wagram, que je n'ai pas trouvé à mon goût). Etant objectivement plus intéressé par la bataille d'Hastings, je prends déjà moins de risque.

Hastings, 14 octobre 1066 est écrit très simplement et détaille avec précision autant la situation géopolitique de la période que les préparatifs de la campagne, le déroulement de la bataille ou ses conséquences. L'auteur s'arrête avec justesse sur l'importante dimension logistique de la campagne nous rappelant par là-même qu'il s'agit bel et bien de la seule invasion réussit de l'Angleterre.

Ce livre représente assez précisément ce que j'apprécie le plus dans un livre historique: concis (200 pages) mais très précis, très bien documenté sans sombrer dans les détails qui n'intéresseraient qu'un chercheur (que je ne suis pas).

Je ne peux donc que conseiller la lecture de ce très bon ouvrage aux curieux de la période.

jeudi 13 juin 2013

300, Rise of an Empire


Vous trouviez que 300 était un crime d'un point de vue historique? Je vous conseille alors de visionner la bande annonce de sa suite, intitulée 300, Rise of an Empire, vous devriez apprécier! :-)

samedi 12 janvier 2013

Alésia, 52 avant J.-C., de Yann Le Bohec



Dans sou ouvrage Alésia, 52 avant J.-C., Yann Le Bohec aborde avec clarté l'affrontement (car plus qu'un siège, il y eu quatre batailles) survenu entre le proconsul César et le chef arverne Vercingétorix du côté d'Alise-Sainte-Reine (hypothèse largement privilégiée, et justifiée, par l'auteur par rapport au Jura).

Sans être simpliste, ce livre se lit facilement, Yann Le Bohec nous entraînant sur un ton très didactique dans le cour des opérations qui se sont déroulées en Gaule depuis 57 avant J.-C. En plus d'aborder les événements sous l'angle stratégique et tactique, ainsi que la description du siège en question et des batailles, l'auteur traite la psychologie des deux principaux protagonistes sans oublier, et c'est important, celle des soldats sous leurs ordres. Selon l'auteur :

"Le bilan est cruel pour les Gaulois. Les Romains avaient un armement de qualité, un entraînement exceptionnel, une tactique imbattables ; et ils avaient César".

Mais ça, on s'en doutait. Trêve de plaisanterie, je vous recommande vivement la lecture de ce livre bien écrit et qui, en plus, se lit rapidement

Au chapitre des petits regrets, signalons l'absence d'un schéma détaillé retraçant les différentes manœuvres au cour du siège. Je précise immédiatement que cela ne gâche en rien la lecture de cet ouvrage.

Yann Le Bohec, Alésia, 52 avant J.-C., Tallandier.

Justin

dimanche 2 décembre 2012

Dans l'ombre d'Alexandre: les campagnes de Pyrrhus d'Epire


Tel est le thème de ce dernier numéro d'ANCIENT WARFARE (VI-4) que j'ai lu avec grand intérêt.
En voici rapidement le contenu:
- Une introduction qui sert de présentation de Pyrrhus accompagnée d'une bonne chronologie; à noter une carte comme on n'en voit que trop rarement, un véritable bijou!
- Un éclaircissement sur les sources qui servent à mieux connaitre Pyrrhus: ces propres écrits tout d'abord mais également ceux de ses contemporains: pointu mais très intéressant;
- The rise of a superpower: mais là on parle de la superpuissance romaine et non grec. Très bien pour se remettre en tête ce qu'était Rome et son armée en ce troisième siècle avant JC;
- Une double page présentant comme à l'accoutumé une reconstitution de soldat: ici un phalangite. On a l'habitude de voir des légionnaires romains, parfois des hoplites grecs mais bien plus rarement un porteur de sarisse! Voilà qui est corrigé;
- Viennent ensuite six pages sur Pyrrhus, sa lignée, ses campagnes, son armée (enfin nous devrions dire "ses armées"), autant dire que l'on voyage!
- De nouveaux six pages pour relater la bataille d'Héraclée en -280. J'avais déjà pu apprécier la manière qu'à l'auteur, Joseph Pietrykowski, de narrer des batailles, avec vivacité et détails, vraiment on s'y croirait! Une excellente description! A noter l'illustration centrale signée Rava, c'est toujours un plaisir.
- Nous terminons avec les campagnes de Pyrrhus en Sicile. Là encore c'est très vivant et captivant.

Voilà donc avec un tout petit de détails le contenu de ce numéro, que j'ai trouvé absolument passionnant, comme bien souvent, il faut l'admettre.
Je passe ici sur les autres articles "hors-thème" qui m'ont beaucoup moins captivés: un court article sur le pilum (encore pourrait-on dire), un article sur l'évolution de la fronde: ça commence bien mais ça devient vraiment trop technique, à réserver aux amateurs. Pour finir le débat du numéro: l'armée romaine avait-elle un corps médical? Intéressant même si ça reste un truc d'initiés en priorité. Pour clore le numéro quatre critiques de livres qui donnent salement envie d'acheter...

Arnaud




mardi 20 novembre 2012

L'armée romaine. Une armée modèle?


L'armée romaine, une armée modèle? Avec un titre comme ça en découvrant ce petit livre de poche en librairie je me dis que je vais avoir le droit à une petite analyse sur le sujet. Je vais commencer comme commence le livre: pas du tout! Bon alors quand on donne un titre interrogatif à un livre je trouve bien frustrant et agaçant de commencer en donnant une réponse avant même l'argumentation. Bon passons.

Alors de quoi on parle alors? Après un premier chapitre de 10 pages qui nous explique rapidement (bah oui 10 pages hein) ce qu'est l’armée romaine, on rentre dans le vif du sujet avec les "désertions et passages à l'ennemi". Ok, intéressant, on se dit que non, l'armée romaine n'est pas un modèle. Après ça, on passe aux "mutineries et désobéissances"... vraiment pas très modèle tout ça. Et on termine par une partie sur les "raisons du succès des armées romaines". Là on se dit qu'on va rentrer dans le vif du sujet. On aborde les décorations et les punitions et pis c'est tout! L'armée romaine était un succès parce qu'elle savait distribuer des médailles et donner des coups de bâton... pas un mot ou presque sur les tactiques, les équipements offensifs et défensifs, la logistique... enfin rien de bien militaire. 

Je trouve un vrai problème de positionnement avec ce produit: soit vous êtes passionnés par le sujet et vous n'apprendrez j'oserais dire rien soit vous souhaitez découvrir le sujet et ça n'apporte que peu par rapport à certains autres ouvrages qui touchent par ailleurs plus largement au sujet. Le gros souci vraiment dans ce livre est que l'auteure se répète atrocement et on a du coup la désagréable impression de tourner en rond et d'avoir fait le tour de la question arrivé à la moitié de chaque chapitre (preuve j'ai survolé le dernier, de lassitude). 

Pas vraiment un mauvais bouquin mais si on avait annoncé le sujet plus clairement et s'il avait fait quelques pages de moins il aurait même pu être bon. En fait j'aurais aimé que le livre réponde à la question de son titre.

Arnaud


dimanche 7 octobre 2012

Comprendre la guerre - Histoire et notions


Lors de ma petite balade hebdomadaire en librairie hier je suis tombé sur la dernière parution des éditions Tempus: Comprendre la guerre - Histoire et notions. On n'a plus besoin de présenter Laurent Henninger parmi les deux auteurs (le second étant Thierry Widemann) depuis que son nom apparait régulièrement dans la magazine Guerres et Histoire.

Voilà donc, au format livre de poche, ce Comprendre la guerre dont je viens de terminer la lecture. Oui déjà, car malgré ces quelques 200 pages l'ouvrage se lit très vite. Divisé en trois grands ensembles, le livre se compose de 50 courts chapitres abordant un aspect, problématique ou thème lié à l'histoire militaire, ceci après une courte introduction nous prévenant de son caractère "initiatique" destiné principalement au grand public, afin de lui donner quelques clés à la compréhension de ce domaine de l'Histoire.

N'étant pas un érudit sur le sujet mais ayant tout de même modestement déjà quelques unes des ces "clés", je dois avouer qu'à part quelques chapitres assez éclairants (La guerre et la ville notamment) je n'ai pas été particulièrement emballé par ma lecture. Pour ma part la faute à la structure même du livre. Avec seulement 2 à 3 pages sur chaque thème abordé on survole plus qu'autre chose et surtout l'on passe d'un sujet à un autre sans réel fil conducteur. Il me manque clairement dans ce livre le "récit", aucun fil conducteur ne venant accompagner le lecteur. Très peu de logique également dans les enchainements des chapitres: on passe par exemple de "Le terrorisme: un phénomène polymorphe" à "A quoi sert l'histoire militaire ?". Certes les deux sujets sont intéressants mais se succèdent sans aucune logique apparente. 

Une lecture qui peut sans doute être intéressante mais jamais passionnante. Dommage car avec l’apport d'une véritable structure littéraire, le livre aurait pu être un bon outil d'approche de l’histoire militaire, en devenant autre chose qu'une succession de théories et d'explications qui auraient méritées parfois quelques lignes supplémentaires d'éclaircissements.

Arnaud


mercredi 29 août 2012

Ancient Warfare de la rentrée


Cela fait bien longtemps (presque deux ans en fait) que je n'ai pas glissé ici quelques mots sur la toujours excellente revue Ancient Warfare. Il est vrai que tous les thèmes abordés au fil des années ne m'intéressent de prime abord pas forcément. Le tout dernier numéro que j'ai reçu ce lundi déroge à la règle et m'a tout de suite emballé. Il est centré sur l'utilisation de la cavalerie dans la guerre antique. On y révise tout d'abord la croyance qui veut que la cavalerie n'ait eu que peu de rôle tactique à cette époque, en tout cas avant Alexandre le Grand, en s'arrêtant sur leur utilisation à Athènes et par les Celtes et on pourra arrêter de croire qu'elle ne servait qu'à des escarmouches ou au support de l'infanterie... oui, la cavalerie antique savait "charger" et combattre! On y apprend également l'utilisation finalement répandue de ce qu'on pourrait appeler une cavalerie "moyenne", intermédiaire entre la cavalerie légère et la lourde, les thureophoroi, du nom de leur boucliers longs.

A noter également un article sur la bataille de Alalia en -530 qui m'a moins passionné mais je ne suis pas un accro aux batailles navales...  plus intéressant pour ma part l'article sur la bataille de Taginea en 552 entre Ostrogoths et un Empire romain mourant.

Je vous conseille vraiment la lecture du débat de ce numéro: Blood, crowd and fear, qui revisite les différentes théories du combat d'infanterie de John Keegan à Victor D. Hanson, en passant par Philip Sabin ou encore Adrian Goldsworthy. Alors comment combattre en bon ordre dans un face à face sanglant et brutal? A lire, une excellente synthèse qui ouvre la voie à de nouvelles considérations. 

Pour terminer sur une note plus sombre, l'édito de ce numéro d'AW m'a apprit le décès de Peter Connoly à l'âge de 77 ans. Triste nouvelle (un peu tardive, l'évènement datant de mai!) que ce nouveau décès dans le monde des historiens antiques, après John Keegan voilà peu. Nous resteront les formidables illustrations de Peter Connoly et d'illustres ouvrages comme ce Rome and Greece at war dans lequel je suis comme par hasard en pleine lecture.

Arnaud


vendredi 3 août 2012

Décès de John Keegan (1934-2012)


Même si ce n'est pas le genre de nouvelles que je préfère divulguer ici et puisque celle-ci ne fera pas les grands titres de nos medias, je tenais à partager ma tristesse à l'annonce du décès de l'historien britannique John Keegan, à l'âge de 78 ans. Je retiendrai de lui des lectures passionnantes, aux contenus aussi intéressants qu'aisés à appréhender, le fond et la forme en somme.

Pour en savoir plus je vous conseille la lecture de cet article du New York Times.

R.I.P.

Arnaud

mercredi 25 juillet 2012

La campagne de Julien en Perse, 363 apr. J.-C


L’idée de cet ouvrage de Catherine Wolff, et plus généralement de la collection Illustoria, est de présenter une thématique historique particulière de façon précise et relativement concise. Comme son titre l’indique, le présent titre traite de la campagne de Julien en Perse de 361 à 363. 

Deux aspects sont particulièrement abordés. Premièrement, le caractère et la psychologie de Julien l’Apostat sont largement décrits. On sent bien que ce dernier, désireux de restaurer le paganisme, avait des allures de philosophe un peu mégalo et emprunt de doute. Deuxièmement, c’est l’aspect militaire en tant que tel qui est traité. A ce stade, s’enchaînent de nombreuses informations sur la durée des trajets, les dates et autres aspects techniques. On regrettera une narration très directe et n’effleurant qu’à peine le déroulement des combats. 

Rapidement lu, ce titre vaut cependant la peine même s’il a le défaut de ses qualités, privilégiant une narration un peu austère à un style que j’aurais préféré plus ampoulé. 

Justin

lundi 9 juillet 2012

Trafalgar, Les aléas de la stratégie navale de Napoléon


Dans son ouvrage « Trafalgar, Les aléas de la stratégie navale de Napoléon », Michèle Battesti traite chacune des phases du projet de descente en Angleterre de Napoléon, depuis sa conception jusqu'à la bataille de Trafalgar elle-même et des conséquences de cette dernière, en quatre actes : 1. « les évolutions du projet de descente », 2. « le grand dessein », 3. « l'échec du grand dessein », 4. « la bataille de Trafalgar ». Le texte est précédé d'une introduction et d'un prologue « de la descente en Angleterre » et s'achève par un épilogue « l'après Trafalgar » et une conclusion.

De manière précise et compréhensible, Michèle Battesti explique quel fut le plan d'invasion de Napoléon et les raisons multiples de son échec. En plus d'une narration strictement factuelle, l'auteur se livre à une analyse psychologique des protagonistes de ce drame sans jamais tomber dans la caricature ni dans le pathétique, y ajoutant une touche bien dosée d’anecdotes pertinentes. Même si l’accent est clairement mis sur les personnages français, et notamment Napoléon, Villeneuve et Decrès, la personnalité de Nelson n’est pas en reste, particulièrement à partir du dernier chapitre qui tente de décrire le plus exhaustivement possible le déroulement de la bataille (dont les sources sont parfois contradictoires). A cela s’ajoute un excellent aperçu de la vie à bord des vaisseaux de cette époque et du quotidien des marins

Quant à la forme, on ne trouve rien à y redire. J'ai littéralement dévoré ce livre que j'ai trouvé excellent.

En résumé,je recommande vivement cet ouvrage à toutes les personnes intéressées par l’histoire de la marine impériale. Amateurs de 1805: Sea of Glory ou de Flying Colors, vous êtes avertis !

Justin

lundi 28 mai 2012

Un lundi dans les étoiles


Mon lundi, je l'ai passé dans les étoiles :

1. J'ai tout d'abord testé en solo le jeu suivant...
... que vous aurez reconnu. C'est Space Empire (GMT), dernière édition avec la carte montée. Comme c'est bon ! D'ailleurs, je cherche à organiser une partie en PBEM (voir sous le forum strategikon).

2. J'ai ensuite avancé dans un roman de Science Fiction bien particulier. Pourquoi ? Parce que a) c'est un auteur francophone b) l'auteur est une femme. Assez rare vous l'admettrez. Le roman s'appelle "Vestiges", c'est du Planet Opéra paru aux éditions L'Atalante.

Mon mardi, je le passerai au travail... et vous ?

Justin

dimanche 8 avril 2012

Histoire de la Rome Antique de Lucien Jerphagnon


J'imagine que nombreux sont ceux qui se posent cette question le jour venu: par où commencer pour comprendre, ou du moins appréhender, l'histoire de Rome? Le sujet est tellement immense et les ouvrages qui y sont consacrés si nombreux qu'il est vraiment difficile de se décider.

Mon choix s'est arrêté sur cette "Histoire de la Rome Antique" de Lucien Jerphagnon que je viens de terminer. Le long de ces 600 pages l'auteur arrive à survoler les 1000 ans de cette histoire incroyablement riche. Construit chronologiquement nous voyons se succéder les consuls, princes de l'Empire et usurpateurs, le tout très habilement mis en perspective avec les courants de pensées philosophiques et religieux qui conditionnent cette histoire.

J'ai vraiment adoré cette lecture qui correspondait en tout point à mon attente: une écriture simple, pleine d'esprit et même d'humour, qui permet de se faire une très bonne idée synthétique sur le sujet. L'auteur se garde de rentrer dans les détails mais réussit réellement à parcourir ce millénaire par le truchement de ses dirigeants mais aussi, et c'est un point que je trouve éminemment intéressant, par les courants de pensées philosophiques. On voit toute l'importance que ces courants (puis sur la fin, la religion chrétienne) ont pu avoir. Le côté militaire y est abordé sommairement, là n'est pas le propos principal.

L'auteur n'hésite pas à faire le point sur de nombreuses croyances passées dans la mémoire collective et pourtant souvent fausses. Jamais, par exemple, n'est fait usage du terme "Empereur" pourtant utilisé partout ailleurs. Ce choix est bien sûr expliqué dans les pages du livre, faisant tout honneur à l'analyse de son auteur. Pas vraiment des "réhabilitations" mais les réputations de certains Princes de l'Empire y sont même adoucies car, là encore, tout à fait replacées dans leur contexte historique précis (qui, le répète L.J., n'est pas le notre!).

Je vous conseille donc plus que chaudement cet ouvrage par un grand spécialiste du sujet, avec cette sixième et désormais ultime édition, Lucien Jerphagnon s'étant malheureusement éteint en septembre dernier à tout juste 90 ans.

Arnaud

lundi 12 mars 2012

Le modèle occidental de la guerre


Devenu un très grand classique depuis sa sortie en 1989 (et traduit en français seulement en 2001!), ce Modèle occidental de la guerre: La bataille d'infanterie dans la Grèce classique nous transporte au cœur de la phalange d'hoplites de l'âge classique grecque. On sent toute la maîtrise du sujet par l'auteur qui n'hésite pas à appuyer ces propos soit par des références d'auteurs classiques, soit (et même si cela est presque devenu, depuis, une "marque de fabrique" des historiens anglo-saxons) par des comparaisons avec les conflits modernes. Pour ma part je trouve ça souvent très parlant et agréable. Le style de l'ouvrage est très abordable, d'une grande fluidité de propos et d'écriture et ne rebutera pas les lecteurs curieux qui découvriraient le sujet pour la première fois.
Pour ma part, un reproche tout de même: autant la première partie du livre apporte des théories et des points de vue passionnants et pertinents, autant la seconde m'a un peu déçue par les répétitions. On revient de nombreuses fois sur certains sujets (la fuite, les blessures,etc.), étayés par les mêmes citations, voire ses mêmes citations en étayant d'autres. Une deuxième partie du coup qui semble en deça côté pertinence et apport d'idées et qui m'a bien moins accroché.
Reste malgré ce bémol, un livre d'une très haute importance, réussissant à nous révéler la réalité du combat au sein de la phalange d'hoplites, des aspects purement psychologiques et idéologiques jusqu'à ceux, complétement techniques, tels que le choc, la poussée ou les coups portés. Une lecture passionnante pour qui souhaite rendre concret le choc des lances et des boucliers.

Arnaud


vendredi 30 décembre 2011

Le Roman d'Alexandre le Grand de Valerio Manfredi


Ca faisait un petit moment que je n'avais pas parlé d'une de mes lectures, or je viens d'achever celle du Roman d'Alexandre le Grand de Valerio Manfredi. Avec ses plus de 1000 pages cela prend un peu de temps (surtout quand on n'arrête pas de se gaver de règles de jeux en même temps :)) mais ça en vaut vraiment le coup! Même si l'aspect militaire n'est finalement pas si prégnant, et finalement, j'ai trouvé, plutôt anecdotique, surtout la bataille de Gaugamèle que j'ai trouvé un peu tristoune, on revit avec un immense plaisir les campagnes démesurées des Macédoniens en Asie. Je n'ai donc pas trouvé les retranscriptions de batailles particulièrement haletantes, je trouve que le génie de Manfredi réside plus dans sa description de la vie de campagne de l'armée macédonienne, les intrigues et autres complots et la dimension psychologique qu'il arrive à insuffler à tous ces personnages historiques pourtant si loin de nous. Une vraie réussite, un vrai roman, une vraie histoire, de vrais personnages, tout cela dans le plus beau des écrins, celui de l'Histoire!

Arnaud

lundi 22 août 2011

Great Battles of the Hellenistic World par Joseph Pietrykowski


J’avais découvert Joseph Pietrykowski avec un de ses articles dans les pages du magazine ANCIENT WARFARE, sur la prise de Massada par les Romains. J’avais trouvé son style très vivant et évocateur, me donnant très envie de lire son unique livre sorti à ce jour : GREAT BATTLES OF THE HELLENISTIC WORLD. Evidemment avec un titre comme ce livre devenait un véritable aimant ! 


Disons les choses tout de suite, je n’ai pas retrouvé le style d’écriture que j’avais apprécié, mais plutôt une plume très académique. Dommage sur ce point. Le livre balaie donc la période hellénistique, des batailles d’Alexandre aux victoires de Rome sur les dernières phalanges greco-macédoniennes, en passant par les Diadoques et même Pyrrhus d’Epire. Tout un programme quand même ! Chaque bataille est décrite selon un même schéma : description de la campagne en cours, du champ de bataille puis des armées et chefs présents, la description de la bataille elle-même et enfin ses conséquences immédiates et à long terme. Quelques cartes viennent heureusement éclairer la lecture, même si elles ne sont pas, je trouve, toujours bien synchronisées avec elle.  Le contexte est clairement exposé, les ordres de batailles et le déroulement des batailles également, l’auteur étant suffisamment précis et clair pour suivre sans difficulté les développements décrits.


En fait je trouve que ce livre est un très bon compagnon pour le joueur de la série Great Battles of History, permettant d’avoir une bonne description d’une bataille à jouer ou bien pour se donner envie de sortir sa boîte d’SPQR et de mettre en place la bataille d’Héraclée, ce que j’ai fait ! 


A noter que Joseph Pietrykowski travaille sur un GREAT BATTLES OF THE CLASSICAL GREEK WORLD.

Les batailles du livre:


Partie I : Philippe et Alexandre

Chéronée

Le Granique

Issus

Gaugamèles

La rivière Hydaspes



Partie II : les Diadoques

Paraitacène

Gabiène

Gaza

Ipsos



Partie III : Pyrrhus d’Epire 

Héraclée

Asculum

Beneventum



Partie IV : les batailles tardives

Sellasia

Raphia



Partie V : la conquête romaine

Cynocéphales

Magnésie

Pydna





Le site de Joseph Pietrykowski : http://josephpietrykowski.com

Arnaud



dimanche 17 juillet 2011

La guerre de Sécession de John Keegan


Conflit fort peu connu du grand public français voici donc venu l'occasion de le découvrir grâce à cette Guerre de Sécession du Britannique John Keegan, déjà auteur de nombreux ouvrages sur le sujet militaire.

Nous avons entre les mains un ouvrage de près de 500 pages organisé en 23 chapitres. Le livre est principalement découpé en 3 parties: les causes de la guerre et la situation des deux camps à son démarrage, la description du conflit proprement parlé et enfin une analyse des composants et des particularités de cette guerre.

John Keegan nous décrit les causes de cette guerre civile et nous expose quelles sont les prédispositions militaires des Américains à la veille et au début de la guerre: le cruel manque de cadres militaires compétents, les armées de volontaires locaux, la géographie du territoire quasiment inconnue des états-majors. On comprend que le début de la guerre sera presque amateur mais déjà meurtrière.

La plus large partie du livre nous mènera donc de champs de batailles en mouvements stratégiques, l'auteur n'hésitant pas à terminer son exposé sur un front pour reprendre en arrière sur un autre, ne déroulant pas l'ensemble du conflit d'une façon strictement chronologique. J'ai beaucoup aimé cette façon de procéder, permettant d'aller jusque bout d'un théâtre d'opérations avant de passer au suivant, les interactions étant finalement peu nombreuses.

Le véritable intérêt du livre réside peut-être dans sa troisième partie où Keegan prend le temps d'exposer des faits et des aspects plus rarement abordés par ailleurs: le rôle des soldats noirs, la constitution des différents fronts du conflit ou les compétences des généraux. J.K. n'hésite d'ailleurs pas à modérer le mythe de Robert E. Lee, souvent considéré comme le véritable héros et donc comme militairement supérieur à ses contemporains aussi bien Sudistes que Nordistes, Ulysses S. Grant et Willian T. Sherman reprennant ici le devant de la scène.

J'ai beaucoup apprécié la lecture de cet ouvrage, à l'écriture simple et précise. On est bien sûr tenté de le comparer à La Guerre de Sécession de James M. Mc Pherson, considéré par beaucoup comme l'analyse définitive sur ce conflit. L'approche n'est pas la-même: là où le Keegan brille par sa synthèse, le McPherson éblouit par son exhaustivité. Je ne pourrai donc que conseiller le premier à ceux voulant découvrir cette guerre sans se noyer dans les détails, tout en se permettant une véritable plongée dans la complexité et l'horreur de cette guerre fratricide qui a modelé la société américaine.

Pour ma part j'aurais pu considérer ce livre comme parfait s'il avait été agrémenté de suffisamment de cartes claires afin de suivre les très nombreux mouvements d'armées sur un territoire que le Français moyen que je suis ne connais pas par cœur. Certes le livre dispose de quelques cartes mais à mon sens bien insuffisantes pour rendre la lecture complètement claire et limpide. Je m'étais aidé pour ma lecture de cette carte. Une édition augmentée d'une cartographie à la hauteur de la qualité de l'écrit de Keegan en ferait une œuvre presque ultime.

Mais ne boudons pas notre plaisir, cette Guerre de Sécession est véritablement un must sur ce sujet, je vous en conseille plus que chaudement la lecture!

Arnaud