vendredi 20 janvier 2017

Tous au Naïa Museum


Je crois que c'est la première fois que je vous emmène en visite de musée. Surtout que celui-ci n'a rien à,voir avec le jeu ni même l'histoire. Enfin presque. Presque parce qu'on y trouve quelques œuvres de Jakub Rozalski qui n'est autre que Monsieur Scythe. Pour ceux qui auraient hiberner ces derniers mois, il s'agit d'une des très grosses sensations ludiques de 2016, énorme carton Kickstarter de Stonemaier Games. J'avais découvert Rozalski notamment à travers son univers uchronique 1ère Guerre Mondiale avant l'annonce du jeu et ce dernier a vraiment très bien été transcris dans ce jeu, même si je n'en suis pas fan.

Le fameux tableau "Scythe"

 
Revenons donc à ce musée, le Naïa Museum. Situé en terres bretonnes, en plein Morbihan, dans le village préféré des Français (ça je ne le savais pas, mais comme j'y suis allé pendant les fêtes de Noël, j'ai compris l'affluence... et ma douleur!): Rochefort en Terre. Naïa Museum propose donc pour un prix d'entrée modique un voyage au cœur de l'Imaginaire de ses artistes. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j'ai pris là une grosse claque. Faut-il pour cela je pense être un tant soit peu sensible aux univers imaginaires en tout genre. Là je confirme bien y être.

Je vous laisse donc avec quelques photos, un échantillon donc de ce qu'on peut y voir. 

Le musée n'est pas grand mais d'une densité exemplaire, votre regard et votre esprit ne pourront pas se reposer. Et puis je préfère un musée de petite surface où l'on prend le temps de regarder et de revenir sur chaque œuvre.

Plusieurs surprises également entre une photo et la réalité, comme le mouvement. Mais shut...










Et en venant à Rochefort en Terre vous ne perdez de toute façon pas votre séjour, le village est vraiment superbe!
Vous trouvez certaines, ou toutes, mes photos pourries, mal cadrées, moches et floues? Ce n'est pas grave, vous verrez c'est mieux en vrai!

Pour en (sa)voir plus: http://www.naiamuseum.com/

Arnaud

dimanche 15 janvier 2017

Old School Tactical et Blue & Grey Campaign Series


Un peu comme tous les ans, sans trop y croire, les soldes apportent de nouveau leurs bonnes affaires. Cette année petit craquage de tirelire mais comment résister à ces jeux que je n'avais pas acheté à leurs sorties (en fait surtout je n'avais pas participé aux campagnes Kickstarter puisqu'ils en sont tous issu) quand ils sont là proposés à des prix abordables.

Voici donc les heureux gagnants: Old School Tactical Volume 1 avec l'extension Stalingrad de Flying Pig Games et deux des trois volumes de la Blue & Grey Campaign Series de Worthington Games, Lee's Invincibles et Jackson & Sheridan (dommage, Grant's Gamble, le premier volume de la série, n'était pas disponible).

Un bel arrivage
L'énorme (et c'est bien le mot) surprise dans ce colis c'est la taille, et le poids, de la boite d'OST.
Mise à côté d'une boite classique de GMT Games, on voit mieux le morceau!

Il y a évidemment (et heureusement!) une bonne raison à cette démesure assez rare dans le milieu du wargame: les deux cartes contenues dans la boite. Deux cartes en dur gigantesques qui remplacent finalement les multiples cartes géomorphiques que l'on retrouve dans quasi tous les jeux tactiques.
Résultat on peut se retrouver à jouer sur une plus ou moins grande partie de la carte selon les scénarii. Peut-être pas ce qu'il y a de plus pratique mais l'effet reste là.



La carte printemps - été - automne

Et la collection hiver :)
Ici une vue d'ensemble du matériel de la boite. 
Les deux fameuses cartes donc mais aussi 4 planches de pions. 
Des pions au format Conflict of Heroes, graphiquement tout de même moins réussis, mais on retrouve cette taille et cette épaisseur de pions qui plaisent tant.
Un livret de règles que je suis en train de lire, plutôt clair, un livret de scenarii (là c'est la profusion: 27 au total!), deux aides de jeu où l'on ne retrouve certaines informations que là (assez étonnant et pas forcément pratique à la lecture des règles mais bon) et un paquet de cartes comportant 18 cartes Luck représentant des aléas de combat et 54 autres étant des résumés de chaque unité existante; assez étonnant, ça ressemble à ce qui se fait dans le jeu de figurines!

Des pions russes












et des Teutons
Beaucoup plus classique, la suite de l'arrivage. Plus classique quand on connait les productions Worthington, c'est-a-dire très cher pour le contenu. A 50% finalement je trouve que c'est le juste prix. Comme OST la série est passée par la case Kickstarter, le tout envoyé des USA avec donc des frais de port qui dissuadent rapidement. Pourtant (sur le papier pour le moment) ces jeux devraient bien me plaire. J'y retrouve globalement ce que j'apprécie dans la série HoldFast: une (très) faible densité de "pions", des règles abordables et des parties courtes. Bien que je ne sois toujours pas un aficionado des jeux à blocs, j'y retourne de nouveau.

Simple mais jolie carte
Je n'ai ouvert que Jackson & Sheridan dont sont issues les quelques photos de ce post. Se composant de deux scenarii, je vais d'abord me concentrer sur cette boite.

Les notes d'intention du créateur sont assez intéressantes puisqu'il y met en avant son but de créer un jeu inspiré de la GCACW de Balkoski mais au format court et abordable. Un sacré pari, on verra si cela se concrétise!



 
Les stickers, c'est du basique

J'espère que vous avez aussi pu profiter de ces soldes pour se faire plaisir!

Arnaud

lundi 2 janvier 2017

Bilan 2016


Et c'est reparti! Une année s'achève et laisse place à la suivante. Une banalité sans doute mais comme il faut marquer le pas de temps et temps, c'est toujours un moment particulier pour regarder un peu en arrière... et encore plus devant. D'année en année j'ai l'impression de me répéter quand je dis que je n'ai malheureusement eu guère d'opportunités de pratiquer le jeu d'histoire mais cela est particulièrement vrai pour 2016 puisque je dénombre en tout et pour tout trois parties de wargames (Triumph & Tragedy, Friedrich, Far East War 1592 et une initiation à Enemy Action: Ardennes) et quelques unes de warteaux (Race to Berlin, Quartermaster General, Days of Ire: Budapest 1956 et plusieurs de 13 Days: The Cuban Missile Crisis et Black Orchestra). Cela ne veut pas dire non plus que je n'ai pas joué. Pas du tout en fait car avec près de 240 parties cette année, je n'ai pas à me plaindre! Reste que le jeu d'histoire y est peu présent, pour les sempiternelles raisons de goûts, temps et calendrier. Donc bilan en sachant cela.

Bien que sorti et acheté en 2015, je n'ai eu l'occasion de découvrir ce Race to Berlin qu'en début 2016. Vraiment une excellente surprise et ce jeu reste parmi les tous meilleurs découverts cette année. N'hésitez pas à vous le procurer si vous avez la chance de tomber dessus (ce qui n'est pas évident). Pour rappel vous trouverez la VF des règles made in Dimicatio et vous pouvez (re)lire mes impressions ICI.



Sans chercher à faire un classement, voici le jeu que je considère comme une autre très belle surprise et un vrai coup de cœur. Vous pourrez (re)lire ICI pourquoi. Je confirme tout le bien que j'en pense après quelques autres parties: mon jeu préféré avec la mécanique de Twilight Struggle. Comme quoi Kickstarter peut amener de très belles choses.
On continue avec les jeux qui m'ont donner bien du plaisir en 2016: Far East War 1592.  Là aussi un Kickstarter qui remplit pleinement ses fonctions et un jeu qui remplit ses promesses. Une seule partie au compteur pour le moment (ce sera pour le prochain article) mais j'ai vraiment beaucoup aimé. De plus le matériel est vraiment somptueux et le thème tellement exotique. La présentation ICI.


Joué en tout début d'année 2016, il s'agit de l'un des gros cartons de GMT Games cette année. Une seconde édition a même vu le jour entre temps. Un jeu fort agréable mais finalement assez compliqué à mettre en place puisqu’à 3 joueurs et une durée de partie plutôt longue, à une époque où je n'arrive que trop peu à me libérer une journée complète pour jouer à ce genre de jeu. Il reste une bonne envie d'y retourner.




Black Orchestra et Days of Ire: Budapest 1956. Deux jeux que je classe ensemble. Deux très bons jeux de plateau à la saveur historique remarquable. Le premier, plus facile à appréhender, a plus aisément trouvé son public mais le second ne démérite nullement et j'espère y rejouer souvent.
Deux exemples que le jeu d'histoire peut aussi se décliner brillamment en version plateau avec succès.

Et donc en dehors des jeux d'histoire me diront les quelques uns d'entre vous intéressés par la chose?

Sponsio. Un jeu de plis malin et totalement cérébral. Les mauvaises mains n'existent pas puisque vous devez choisir vos façons de gagner à chaque tour. Par l'auteur de l'excellent Hack Trick, le jeu est sorti en français entre temps. Excellent dans son genre.

Pour rester dans le jeu de cartes malin: Multiuniversum. Des illustrations magnifiques, un système bien huilé de collections de cartes, une extension Cthulhu (et oui!) et des parties assez tendues. Je valide.

Continuons avec les jeux de cartes. Peut-être moins original dans ses mécaniques mais excellent de par son thème. Là aussi de très belles illustrations (quoiqu'un peu sombres) pour un jeu où les coups tordus pleuvent. Pas encore assez joué pour avoir une opinion bien forgée sur celui-là mais j'ai apprécié ma tentative.

On en finit avec les jeux de cartes! Freak Shop, jeu de collections de cartes là aussi très malin et très facile d'accès. Ok si le créateur du jeu n'était pas un ami, pas sûr que je l'aurais essayé. Et c'est là où je me dis que j'ai tord de le penser car il s'agit vraiment d'une réussite ludique qu'il faut essayer pour être convaincu. Comme quoi, une bonne raison de sortir de ses sentiers ne fait  pas de mal.




Bon, là commence le drame. Oui, j'aime la mécanique de Pandemic, ce n'est plus un secret. Oui j'aime Lovecraft. Oui j'en ai assez des déclinaisons ad nauseam des jeux tentaculaires. N'empêche que j'ai craqué. Et que j'ai bien fait. Une très belle adaptation du système au pays des Grands Anciens. Fort de ce Règne de Cthulhu  j'avais exprès fait l'impasse sur cette déclinaison ibérique, même pendant Essen. J'ai malheureusement eu l'occasion d'y jouer. Et voilà, le drame annoncé, il est dans mes étagères. Là aussi une excellente nouvelle formule pour les fans.

Un œil sur les jeux d'histoire de l'année rassemblés
Voilà donc pour cette année 2016 et son lot de nouveaux jeux (jouées ou pas). Mes prochaines envies: découvrir Hands in the Sea et Moscow'41, rejouer aux autres, attendre les prochains. N'ayant pas beaucoup de jeux dans le viseur pour 2017 je crois que je vais me laisser bercer par les annonces de sorties, précommandes et autres Kickstarter qui ne manqueront pas d'offrir leurs lots de bonne surprise.
Je vais vraiment tenter de trouver le temps/les joueurs/les occasions de pratiquer plus assidument le jeu d'histoire qui me manque beaucoup. Voilà, la résolution (et ce sera la seule!) pour cette nouvelle année.

Au plaisir de vous lire, écouter, rencontrer pendant cette nouvelle année qui débute amis lecteurs de Dimicatio!

En attendant, et puisqu'il n'y a pas que le jeu dans la vie (si, si :-p), je laisse le soin à ceux qui le font mieux que moi de vous souhaiter une belle et magnifique année:


A très vite,
Arnaud

lundi 12 décembre 2016

La VF de Conquest of Paradise en ligne


https://www.dropbox.com/s/4b1m8hz5my88l7r/Conquest%20of%20paradise%202e%20ed%20VF.pdf?dl=0Changeons un peu des GI et des Romains avec ce Conquest of Paradise. Un thème loin d'être rebattu même s'il en est déjà un que j'aime bien: ce bon vieux Tahiti de 3W. 

Il s'agit bel et bien ici d'un 4X (eXplore, eXpand, eXploit et eXterminate) historique. Celui-ci à l'avantage de comporter un véritable mode solo dans une édition augmentée et complétée par rapport à l'édition précédente.

Voici donc les règles en français de ce jeu qui fêtera ses 10 ans l'année prochaine.

Enjoy.

Arnaud

dimanche 11 décembre 2016

Days of Ire: Budapest 1956 - histoire d'une insurrection


« Nous le jurons, nous le jurons, que nous ne serons esclaves plus longtemps ! » 
Nemzeti dal (Chant national) - Sándor Petőfi 1848


Ce jeu qui est, pour moi, une des très bonnes surprises de cette année sera disponible en boutiques début 2017, probablement vers la fin janvier.

Il est donc grand temps de vous en parler d'autant que, cette semaine, j'ai enfin pu en faire une partie complète en mode compétitif.

Un peu d'histoire

L'après guerre

La prise de pouvoir progressive de l'URSS sur les autres pays du bloc de l'Est aboutit, en Hongrie, le 20 août 1949 avec la création de la République Populaire.

Déstalinisation

Imre Nagy (phot. Erich Lessing)

Avec la mort de Staline (5 mars 1953) et l'arrivée au pouvoir de Khrouchtchev s'engage un long processus de sortie du totalitarisme dont le premier effet, en Hongrie, est l'arrivée d'Imre Nagy comme premier ministre.
L'homme est un modéré, presque un dissident, il démarre une ambitieuse politique de réformes.

Manquant de soutien au sein du parti des travailleurs, malgré sa popularité, il est destitué en avril 1955 et la plupart de ses réformes sont annulées.

En février 1956 lors du congré du PC, Nikita Khrouchtchev présente son Rapport sur le culte de la personnalité.
Malgré son caractère confidentiel (présentation à huis clos devant les délégués soviétiques uniquement) ce rapport va fuiter et avoir un effet sur les pays satellites.

Ainsi, dès le mois de juin à Poznan (Pologne) les revendications ouvrières et les violentes émeutes qui s'ensuivent se concluent par le retour au pouvoir d'un dirigeant réformiste.

Insurrection

Time du 7 janv. 1957
Inspirées par l'exemple polonais, les organisations d'étudiants et d'intellectuels hongrois organisent une manifestation de soutien à Imre Nagy le 23 octobre 1956.

Ce sont des milliers de personnes qui marchent vers le parlement tandis que d'autres se réunissent au pied de la statue du général Josef Bem (au nom de l’amitié avec la Pologne) et qu'une délégation étudiante pénètre dans la radio nationale pour y diffuser ses revendications.

Cette dernière est arrêté. La foule réclame alors sa libération ce à quoi les forces de la police secrète répondent en ouvrant le feu.

La nouvelle va se répandre rapidement déclenchant le début des émeutes dans toute la ville et de la révolte dans tout le pays.

Combattante du passage Corvin

Le lendemain, la population brave le couvre feu afin de mettre en place des barricades et installer des garnisons à des points stratégiques, notamment au passage Corvin.
Ceci pour faire face à l'arrivée des chars soviétiques qui ont reçu l'ordre de pénétrer dans Budapest pendant la nuit.

Le gouvernement fini par tomber et Imre Nagy, désigné premier ministre le 28 octobre, forme un gouvernement pluripartite, obtient un cessez-le-feu et le retrait des troupes soviétiques et se lance dans un processus de démocratisation de la Hongrie.

Il n'a malheureusement pas le soutien des soviétiques. Pire, János Kádár (son ennemi politique) s'entend avec ces derniers pour fomenter un coup d'état.
L'armée sovétique entre donc en Hongrie à partir du 1er novembre et dans Budapest le 4.
Le mouvement populaire sera noyé dans le sang.

Conséquences

Pour les hongrois, la conséquence directe sera une terrible répression.
Plusieurs milliers d'entre eux seront arrêtés et jugés. Une grande majorité sera condamnée et 13 000 emprisonnés. Il y aura également plusieurs centaines d'exécutions ainsi que quelques centaines de déportations en Union Soviétique.
200 000 quitteront également le pays.

János Kádár prendra la tête du nouveau Parti socialiste ouvrier hongrois et la conservera jusqu'en 1988.
Tombe d'Imre Nagy
Il est à noter que, s'il a été l'instrument de l'Union Soviétique et bien qu'il ne remettra pas en cause la dictature du parti unique, il s'emploiera tout de même à libéraliser, dans une certaine mesure, le régime hongrois.

D'abord réfugié dans l'ambassade de Yougoslavie, Imre Nagy sera arrêté quelques semaines plus tard puis déporté en Roumanie.

Exécuté en 1958 à l'issu d'un « simulacre de procès » et enterré sous un faux nom, il sera finalement réhabilité par le parti en 1989 puis réinhumé et aura droit à des obsèques nationales.

Au niveau international, le principal effet de cette insurrection sera la prise de conscience des méfaits des régimes communistes, provoquant notamment des clivages dans les partis communistes d'Europe de l'Ouest.

Sources

Je n'ai surtout pas la prétention d'être historien et j'ai d'abord cherché à donner un maximum d'éléments permettant d'associer l'histoire et le matériel du jeu (que je compte décrire dans le prochain article).

Un peu de lecture sur le net m'a beaucoup aidé et voici quelques liens que vous pouvez consulter :
Quoi qu'il en soit, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques.

lundi 5 décembre 2016

Black Orchestra: Hitler doit mourir!


Vous voilà au cœur du complot. 
Mais pas n'importe lequel. 
Celui qui osa tout tenter pour mettre fin à la vie d'un des plus grands dictateurs que le monde ait connu: Hitler lui-même. Le "Schwarze Kapelle" comme l'appelait la Gestapo était en effet majoritairement composé de militaires allemands combattant le nazisme. Et vous êtes l'un d'entre eux. 

 
Sept des neufs complotistes disponibles (les 2 autres sont déjà en jeu).
Black Orchestra est donc un jeu coopératif de 1 à 5 joueurs. Vous devrez assassiner Hitler avant qu'il ne soit trop tard. Le temps est représenté par 7 paquets de 10 cartes (deux sur les 12 disponibles étant retirées à chaque partie pour la rejouabilité). Une carte est tirée après que chaque joueur a fini son tour, révélant un évènement très souvent négatif pour les joueurs.

Mais pas toujours: un exemple d’évènement favorable
La carte représente une partie de l'Europe et une zone complète dédiée à Berlin. La majorité des villes/lieux de Berlin contiennent un item caché et une capacité spéciale (principalement pour diminuer sa suspicion mais j'y reviens). Les numéros sur les lieux indiquent quand les personnages peuvent s'y rendre: il correspond au numéro du paquet d’évènements en cours. Les lieux avec un 7 barré ne peuvent plus être visités lors du dernier paquet d'évènements.
 
La partie gauche de la carte
Les 8 types d'item qui permettent de booster sa tentative d'assassinat ou à utiliser pour gérer sa Suspicion.

Chaque joueur a deux niveaux primordiaux à gérer: 
- sa Motivation à aller jusqu'au bout de sa mission: il faut la maintenir élevée afin de pouvoir jouer une carte "Plot" et tenter d'assassiner Hitler. A partir de Positive la capacité spéciale du personnage peut être activée. 
- le niveau de Suspicion que lui porte la Gestapo: plus elle est élevée plus vous risquez l'arrestation mais aussi de voir votre tentative d'assassinat échouer.

Au début: pas très motivé mais quasi indétectable
Et comment on l'assassine le Führer? Il faut avoir en main une carte "Plot" et remplir les conditions pour la jouer: avoir une Motivation suffisante, remplir les conditions de la carte (être avec Hitler, quand il se déplace, etc) et lancer les dés. Pour réussir, le nombre de cibles devra être égal au niveau de support militaire d'Hitler en cours sans faire plus de symbole Aigle que requis par son niveau de Suspicion. C'est le côté Ameritrash du jeu: j'ai fait une tentative pendant ma partie à 4 dés pour faire 2 cibles... et échoué.

Pour une première partie en mode facile.
Deux exemples de Plot: les éléments optionnels permettent de lancer plus de dés.

Pour terminer de survoler les principes du jeu voici les actions qu'un joueur peut effectuer à son tour (3 par tour):
- Conspirer: très utile et original: chaque action dépensée permet de lancer un dé (jusqu'à 3 donc). Les cibles sont stockées sur une piste, lorsque 3 cibles sont collectées par les joueurs, elles sont dépensées pour soit augmenter la Motivation d'un personnage soit diminuer le support militaire d'Hitler. Chaque symbole aigle augmente de 1 le niveau de Suspicion du lanceur. Les valeurs sur les dés sont additionnées et donnent autant d'actions au joueur. A double tranchant mais indispensable et réalisable qu'une fois par tour.
- Se déplacer d'un espace
- Piocher une carte
- Jouer une carte
- Partager un item ou une carte avec un autre personnage
- Fouiller le lieu (révéler le pion face caché)
- Prendre l'item révélé sur le lieu
- Jouer l'item pour bénéficier de la capacité du lieu
- Délivrer un personnage emprisonné (car oui la Gestapo lance des Raids et arrête les personnages les plus suspects pour interrogatoire... et là, c'est compliqué!)
Le genre de cartes que vous pouvez piocher. En rouge les cartes qu'il faut défausser quand la Gestapo rôde

Alors quel retour de ma tentative en solo? Déjà oui le jeu peut très bien se jouer seul: tout est joué face visible, il suffit donc de prendre deux personnages. C'est un cas de figure présenté dans les règles. 

Comme souvent avec les jeux coopératifs on se laisse déborder par les évènements et les éléments du jeu, ne sachant quelle direction prendre pour optimiser ses actions. J'ai eu bien du mal à faire baisser le support militaire qui était fréquemment bloquer au max à 7. Autant dire qu'il est impossible de tenter quoique ce soit à ce niveau. Ensuite gérer les niveaux des personnages n'est pas aisé! Il faut monter sa Motivation sans cesse, beaucoup d'évènements la diminuant, et limiter au maximum sa Suspicion sous peine de finir dans les geôles nazies, franchement peu accueillantes.
Les évènements, qui amènent l'incertitude, permettent très souvent de déplacer le pion Hitler ou ses aides de camps (5 au total: Goebbels, Himmler, Hess, Goering et Bormann) qui pourrissent le personnage qui commence son tour sur le même lieu. Essentiel pour le chaos du jeu j'ai trouvé un poil fastidieux ces déplacements très fréquents.

Ciao Hess! Mais ce n'est pas gratuit, 3 cartes évènements en moins, donc moins de temps!

Comme je le disais ma seule tentative d'assassinat s'est soldée par un échec aux dés mais j'ai dû m'arrêter au paquet 5 faute de temps. Je pense que j'aurais eu bien du mal à provoquer d'autres tentatives. Le jeu est donc dur à gagner (pas à jouer, il s'agit d'un jeu que je situerais au niveau d'un Pandemic (très) amélioré) et c'est tant mieux. A mon avis certains joueurs vont détester lancer des dés dans un jeu d'optimisation d'actions et subir les évènements. La partie est bien scriptée sur l'Histoire, les évènements de chaque paquet étant chronologiques et très immersifs.

Pour ma part j'ai passé un bon moment mais je n'y rejouerai pas seul. Un jeu coopératif sans réelle coopération autour de la table? Certains jeux peuvent s'y prêter assez facilement mais j'attends vraiment d'échanger avec les autres complotistes autour de la table. Les parties risquent d'être mouvementées! En plus le jeu permet quelques interactions intéressantes entre les joueurs, ce qui est un gros plus.

La situation à la fin de ma partie (milieu du paquet 5): un personnage en prison, un autre qui l'évite de justesse et un Hitler peut supporté mais bien vivant
Je pense donc que voilà un jeu aux qualités multiples: facile d'accès mais suffisamment riche pour développer un thème omniprésent, une qualité de matériel et de graphisme totalement immersive (c'est vraiment très beau!) et un vrai challenge pour gagner. Je le conseille donc à tout ceux dont le thème et ce type de mécanique peuvent plaire ou qui souhaitent se plonger dans la peau de Tom Cruise en Claus von Stauffenberg dans Walkyrie!

Arnaud